Où comment je me suis retrouvée en Afrique du Sud au lieu de partir pour Tokyo début Août.
Suite a un changement de programme de dernière minute, je ne suis pas partie à Tokyo comme prévu le 10 août mais à CapeTown,pour une semaine de tournage.
Le job: pub télé+billboard, tout ce qu'il y a de plus sexy vu que c'était pour un promoteur immobilier:
Le concept de la pub: l’histoire d'une fille qui parle au vent, et le vent la suit partout. Le rapport avec des immeubles de luxe en construction dans les nouveaux territoires à HongKong? La lumière, l'aération et l'espace, bref tout ce qui manque cruellement aux immeubles entassés de HK et à sa population condensée à l'extrême.
Argument marketing de base mais sûrement efficace: faire rêver les pauvres Hongkongais qui étouffent en milieu urbain en leur présentant des paysages carte postale. La logique publicitaire était la suivante: qui dit paysages dit espace et qui dit espace dit liberté...
Et pour les paysages de rêves, il faut rendre à Cape Town ce qui est à CapeTown. J'avoue, avant d'y poser les pieds, je ne comprenais vraiment pas l'intérêt de faire 15heures d'avion alors que les paysages des îles autour de HongKong me paraissaient largement faire l'affaire dans le genre "paradisiaque"...
Sauf que:




Concrètement mon « travail » était plutôt simplissime; une succession de scènes du genre: marcher sur une plage, sauter en l’air sur la même plage, prendre un air inspiré en regardant au loin du balcon d’un skyloft, marcher dans la rue l’air rêveur…
Je passais donc surtout mon temps à admirer le ballet très organisé de l’équipe…Une équipe de 5O personnes qui change 5fois de lieu de tournage dans une journée ça demande une organisation réglée au millimètre près. Particulièrement impressionnant, l’équipe d’effets spéciaux avec leurs ventilateurs géants; l’équipe du traiteur super pro capable d’installer un buffet gargantuesque pour cinquante sur une plage déserte ou sous un pont en pleine ville; les petits fours servis sur plateau entre les scènes en pleine montagne; la circulation coupée par la police dans une rue pour juste une scène et un magnifique chat persan dressé loué pour une autre scène qui sera probablement coupée au montage au final…

Bref, le job facile, à un détail près: c’est l’hiver dans l’hémisphère sud en ce moment, donc la température dépassait difficilement les 12degrés. Or ma tenue de scène était la suivante: micro-short et top en soie bien perméable au vent.
Heureusement que j’avais ma dévouée Amanda et ses couvertures! Amanda était un peu mon « assistante perso », celle qui m’a accompagnée pour prendre l’avion et qui sur place me suivait partout… Elle était là pour faire en sorte que je ne manque de rien. Texto: « Tu peux me demander ce que tu veux, n’hésite pas, même un hamburger à minuit »
Alors je vous le dit tout de suite, n’y voyez pas là le signe du début de ma « starrification ». Du tout.
Son job c’était surtout de s’assurer que la mannequin soit opérationnelle pour le job. Traiter la mannequin comme un princesse, c’est pas de la philanthropie, c’est du business. Vu les coûts énormes d’une telle production, (20personnes venues de HK, un hôtel de luxe réquisitionné pour une semaine, une équipe de prod locale de 50techniciens engagés), ils ne peuvent tout simplement pas se permettre un pépin du genre; la fille rate son avion, ou tombe malade au dernier moment, ou même déprime et fait un caca nerveux parce qu’elle n’a pas eu ses choco pops au ptit déj…
La mannequin DOIT leur donner exactement ce qu’ils veulent le jour du tournage et pour ça il faut un peu la chouchouter psychologiquement et physiquement…
Donc ils m’ont aussi beaucoup « sortie »….En une semaine on a eu le temps de bien visiter CapeTown. C’était assez surréaliste, visiter le Cap entourée en permanence d’une dizaine de chinois dont beaucoup découvraient aussi l’endroit.




Visite du Cap de bonne espérance, là où l’océan atlantique rencontre l’océan Indien, donc forts courants, les plus grosses vagues que j’ai jamais vu.
Forcement, vu le climat, la faune et la flore sont à la hauteur des paysages: babouins en liberté partout, autruches, requins et baleines dans la baie.
La ville en elle-même ressemble a une petite ville de province anglaise, l’héritage colonial est franchement palpable. La tension sociale aussi…Entre les affiches placardées partout (« armed response» = on vous tire dessus si vous pénétrez cette propriété), les gardes armés dans les lieux publics, les titres des journaux (l’insécurité, l’insécurité, l ‘insécurité), le contraste entre l’ambiance tendue et la beauté de l’endroit est frappant. On a croisé quelques beaux exemples de Townships quand même, avec les gated communities correspondantes juste en face, tout comme dans les livres.

A part ça beaucoup de très bons dîners offerts par la boîte de prod de HK…Fruits de mer bien sûr, resto Thai, resto chinois parce qu’ils avaient tous le mal du pays et que le riz leur manquait cruellement (Cri de joie unanime de la table en voyant arriver le traditionnel plat de riz de 10kilos: « FAAAAHHHNNN »=riz en chinois, c’est un élément tellement essentiel que ça veut aussi dire « manger », et ça s’utilise aussi pour dire bonjour et dans un nombre incalculable de mots courants.) Par contre beaucoup n’ont pas été convaincus après avoir voulu tester pour la première fois la bouffe grecque! Apparemment l’agneau c’est trop fort au goût des chinois;)
Retour en avion, toujours avec Amanda; d'abord 4heures pour faire CapeTown-Johannesburg, puis treize heures Johannesburg-HongKong; deux heures de battement pour aller chercher mes valises en vitesse et hop retour à l'aéroport pour faire mes cinq heures de HK à Tokyo…
Et là l’arrivée à Tokyo a été on ne peut plus chaotique dans le genre…Après m’être tapée deux jours d’avion, j’ai débarqué avec mes 50 kilos de bagages (pu**ain de shopping en Chine, je regrette maintenant), tout ça pour me rendre compte qu’il n’y avait plus de train express pour aller en ville…Train normal, donc lent-2 heures et qui en plus tombe en panne…Je n’avais aucun moyen de joindre PP qui m’a attendu toute la soirée à la gare centrale de Tokyo…Pas de portable ni lui ni moi vu que le système japonais est unique au monde, ça fonctionne sans carte sim, il faut obligatoirement acheter un portable ici sachant que celui-ci ne marchera nulle part ailleurs. Arrivée à la gare la ligne de métro que je devais prendre était fermée bien sûr, vu l’heure tardive…En gros j’étais littérallement « lost in translation » pour le coup, perdue à une heure du mat dans une mégalopole inconnue où les gens ne parlent pas vraiment anglais et lestée de cinquante kilos de valises qui m’immobilisaient totalement.
Heureusement, un bon samaritain japonais m’a prise en charge ;)
Il a non seulement porté à bout de bras mes bagages, mais il m’a emmenée par une autre ligne de métro au plus près de ma destination et ensuite dans un combini et m’a monté comment envoyer ma malle par poste express à mon agence.
Là je dis Bienvenue au Japon!! Le pays ou des inconnus vous aident au beau milieu de la nuit, vous accompagnent pendant une heure alors qu’eux-mêmes habitent à l’autre bout de la ville et vont aussi manquer leur métro. Surtout le pays ou on peut envoyer des malles de 30kilos pour dix euros de n’importe quel combini, lesquels sont ouverts toute la nuit, et votre bagage arrive n’importe ou au Japon dans la journée le lendemain!
Donc une fois débarrassée du fardeau de mes bagages, il m’a mise dans un taxi et a expliqué au chauffeur en Jap ou j’allais précisément…Et je suis finalement arrivée à l’hôtel du PP avec plusieurs heures de retard pour le trouver en stress total.
Une dernière pour la route: